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La culture des régimes

Hello petit.e curieu.x.se


Aujourd'hui je vais essayer de t'expliquer ce qu'est la culture des régimes. C'est un sujet assez lourd. Cet article est une réflexion personnelle que j'ai pu faire avec ce que je ressens en tant que femme, et aussi ce que j'observe en tant que professionnelle de santé et de l'alimentation. Il n'est certainement pas parfait.




La culture des régimes ou « Diet culture » va de paire avec la société pleine d’injonctions et de diktat dans laquelle nous évoluons actuellement. Cette société dans laquelle il est mal vu d’être différent, d’être vrai. La Diet Culture vient du fait, en particulier, qu’il est mal vu d’être gros. Il est même mal vu de ne pas être mince (parce que oui il y a des gens qui ne sont ni gros, ni mince). La grosseur est tolérée lorsque les formes sont « au bon endroit » : une femme a le droit d’avoir des kilos « en trop » si elle a des seins et des fesses, en revanche sont ventre doit être plat. Dans cet environnement grossophobe (appelons un chat un chat), la culture des régimes s’épanouie à merveille. Elle nous montre des modèles de corps parfaits, idéalisés et surtout très minces, et nous fait comprendre que si nous n’avons pas ce corps là, nous n’avons aucune valeur. La Diet Culture est si présente et ses injonctions sont si banalisées que nous la subissons tous, même lorsque l’on sait quelle est là. En effet, cela est « normal » de voir à l’approche de l’été milles et une astuces pour perdre du poids et avoir un « bikini body au top ». Et cela ne choque personne que l’une des premières inquiétudes des français.e.s pendant le confinement soit la prise de poids. Il n’y a donc rien dans cette période de pandémie qui fait plus peur que de prendre du poids ? Cela montre bien que les injonctions d’apparence et de poids pèsent tellement sur notre esprit que cela surpasse la peur de contracter le virus et de voir sa vie en danger. Quelle est la peur réelle ? Prendre 3-4kg, en quoi est-ce problématique ? Ce qui fait peur, c’est d’être associé à l’image de gros. Parce que l’imaginaire grossophobe collectif nous apprend qu’être gros, c’est être négligé, c’est manquer de volonté, c’est être mou, c’est être sale, c’est être fainéant… Et être mince, c’est être dynamique, c’est savoir se contrôler, c’est être productif. Pourquoi appliquer des valeurs morales à un certain physique ? C’est aussi insensé que d’associer l’intelligence à une certaine couleur de cheveux. Comme notre esprit est martelé d’associations négatives envers les corps non parfaits, selon les standards de la société actuelle, nous sommes poussés à ressembler à ces standards. Nous sommes donc poussés à la perte de poids. Le nombre incalculable de publicités pour des régimes, des produits coupe-faim, des brûles graisses, le nombre de conseils pour perdre du poids dans les magazines ou sur les réseaux, les programmes sportifs pour perdre du ventre, éliminer la cellulite… en sont un bon exemple.






Ces injonctions sur le corps peuvent être dangereuses. En effet, elles nous plongent dans un mal-être, elles poussent à contrôler toujours plus son apparence et perdre toujours plus de poids. Hors, contrôler son poids sur la durée est impossible, cela provoque inévitablement un rapport néfaste à l’alimentation, voire des troubles du comportement alimentaire. Le sentiment d’échec qui fait suite à une reprise de poids (inévitable quand on ne peut plus tenir le contrôle) dégrade l’estime de soi, la confiance en soi. Cette société pleine de diktats, nous avons été éduqués, nous avons grandi dedans et nous avons façonné nos croyances en fonction d’elle. Du coup, nous véhiculons nous même cette culture des régimes. Pour éviter cela, je vous propose d’observer ces phrases que vous pouvez dire ou entendre, même en rigolant, même sous couvert de bonnes intentions et de santé. Ces petites phrases assassines du type : « Whoaaa c’est génial, t’as perdu, non ? Félicitation! » « On lâche rien avant l’été » « Il faut souffrir pour être belle » « Manger des pâtes ok, mais la sauce nan quand même» « Je mange sain toute la semaine, le weekend je m’autorise mon craquage » « Tu devrais pas manger ça… » « Manger une pomme c’est mieux que de manger du chocolat » « Si vraiment tu peux pas t’en empêcher, ok tu peux te faire un goûter healthy » « Arrête de manger du pain » « Oulala, t’as vu comme elle a pris ? Elle était plus belle avant » « J’y suis arrivé, pourquoi pas vous ? » « Cet aliment est mieux que celui-ci » « Bon aller c’était les vacances, on s’est fait plaisir, maintenant on fait attention » « Tous les aliments bons font grossir » Il y en a des milliers d’autres. (N’hésitez pas à me les envoyer pour que je puisse les rajouter!) On se les dit entre copines, on les entend à un repas de famille de la part de sa mère, de sa tante, de son grand-père, on se les dit à nous même. Ces petites phrases culpabilisantes peuvent blesser profondément.


Cet article n’est pas une ode à la prise de poids, cet article n’a pas pour but de vous empêcher de perdre du poids. Chacun son corps, chacun son choix. Le but de cet article est de mettre en lumière la pression permanente qui est exercée sur nos pensées. Réaliser que ces injonctions sont partout, les observer, les questionner. Le but est que chacun puisse en toute connaissance de cause faire les choix qui lui conviennent. Manger de la salade c’est génial et délicieux, si on le fait pour son bien-être et non pas pour se restreindre. Faire du sport ça fait un bien fou, si on le fait pour son corps, et non pas contre son corps. Votre poids, votre apparence physique ne changent rien à qui vous êtes ni ce que vous valez. Prenez soin de vous.



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